N’en jetez plus ! Les annonces concernant les conditions de travail et de rémunération des enseignants s’avèrent particulièrement catastrophiques en cette rentrée 2017. Outre le gel de la valeur du point d’indice pour 2018, qui équivaut déjà en soi à une baisse du salaire, plusieurs mesures vont très sérieusement entamer le pouvoir d’achat des salariés de l’Education Nationale.

Réinstauration du jour de carence en cas d’arrêt maladie.

Le gouvernement prétend ainsi corriger une prétendue inégalité public-privé. Or, pour une large majorité des salariés du privé, les trois jours de carence sont actuellement couverts par divers dispositifs (convention collective, accord d’entreprise…) pris en charge par les employeurs. L’égalité dans ce domaine devrait, en fait, passer par un dispositif de couverture pour la minorité de salariés du privé qui aujourd’hui n’en bénéficient pas.Mesure également totalement idéologique puisque les fonctionnaires et agents publics en maladie restent rémunérés directement par leur employeur et non par la Sécurité sociale : l’État procède ainsi à une économie directe sur les salaires qu’il doit verser !

Enfin, cela contribue à stigmatiser ces « fainéants » de fonctionnaires aux arrêts maladie faciles… Là encore un mensonge puisque, par exemple, chez les enseignants, le pourcentage d’agents en arrêt par semaine est de 2,3 % en moyenne contre 3,6 % sur le secteur privé et à peine plus dans l’ensemble de la Fonction publique (3,8 %).

Hausse de la CSG + attaque contre la protection sociale = forte baisse du salaire.

En augmentant la CSG de 1,7 % pour les salariés et retraités, le Gouvernement accentue une nouvelle fois le transfert du financement de la sécu des cotisations sociales vers l’impôt et la fiscalisation

La CSG, cet impôt injuste, est financé par les salariés et les retraités à hauteur de 89,6 % au détriment des patrons qui en sont épargnés. Depuis sa création, les hausses successives de la CSG ont souvent été compensées par des baisses de cotisations sociales, en particulier, de cotisations «patronales». Si bien qu’aujourd’hui, ce que l’on paye en CSG était naguère payé par les employeurs. Ajoutons que la logique visant à remplacer du salaire socialisé (cotisations) par un impôt (CSG) n’est pas un simple changement de ligne budgétaire : L’Etat retire ainsi le pouvoir de gestion de l’assurance chômage aux travailleurs.

Concrètement, s’il n’y a pas de compensation et dans l’état actuel des rémunérations :


Pour simplifier, quel que soit  le grade et l'échelon, cela correspond à la perte d'un peu plus d'une demi-journée de salaire chaque mois.

Report du PPCR ?
Même le PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), rejeté par la CGT en raison notamment de son insuffisance notoire à valoriser les carrières, verrait son calendrier de mise en œuvre reporté. Ce n’est pas une surprise pour le CGT éduc’action qui avait indiqué, lors des concertations de l’époque, que le calendrier d’application (2017-2020) se faisait sans aucune garantie car sous un nouveau quinquennat.